Chapitre 1 : La succession de Shrik

Devenir le chef d'une compagnie d'orcs n'était pas chose aisée. Mais heureusement, Yorki possédait le charisme et l'intelligence, chose rare chez un orc, pour diriger de tels êtres. Seule son humeur vacillante l'handicapait quelque peu.
Le camp était jonché de détritus et de débris de case encore fumants. Les gobelins s'affairaient à dégager ce fatras qu'exécrait Yorki, leur chef désormais. Ils firent un feu immense au centre du camp et Yorki décida finalement de brûler tout ce qu'il restait du camp.
"Prenez vos armes et les victuailles, et brûlez tout", ordonna-t-il. Les orcs hésitèrent un instant puis s'exécutèrent.
"Nous partons en campagne !", ajouta le redoutable chef orc. Et les orcs poussèrent des grognements d'approbation.

En fin de matinée, une colonne d'orcs précédée par Yorki muni de sa hache d'armes, dévalait la montagne à toute allure. Yorki avait choisi d'attaquer le village humain, baptisé Aruskian par ses fondateurs, qui se trouvait de l'autre côté du marais d'Arkania le maudit. Les humains se croyaient protégés par le marais ; les orcs n'aimaient pas trop ce lieu réputé comme dangereux dans leurs légendes. C'était pour cette raison qu'ils n'avaient bâti autour de leur village qu'une simple barricade de planches très mal entretenue. Quelques soldats étaient en garnison, mais trop peu pour repousser une compagnie d'orcs guerriers déchaînés.
Arrivés à la lisière du marais, la compagnie s'arrêta net et des grognements se firent entendre, notamment Balber, un vieil orc teigneux.
"Bande de pleutres ! Qu'avez-vous ?, hurla Yorki.
Mais ce fut Alakantus, qui était devenu le bras droit de Yorki, qui osa répliquer :
- Seigneur, le marais est maudit !
- Alakantus, as-tu confiance en ton chef ?
- Oui, mais..."
Et Yorki s'énerva brusquement, la colère montait en lui. Il brandit sa hache et feignit de frapper Alakantus tout en brandissant la hache qui s'arrêta net à quelques cheveux de la gorge du lieutenant. Par contre, l'orc proche d'Alakantus, qui n'était autre que Balber, eut la tête tranchée, et son corps s'effondra dans la boue aux pieds de Yorki qui d'un coup de botte l'écrasa dans un violent bruit d'os brisés. Tous les orcs de la compagnie comprirent que nul ne défiait Yorki sans y perdre la vie !
"Maintenant en route !", râla Yorki.
Ils se tournèrent vers Alakantus qui brandit sa hache et son bouclier en acclamant Yorki, son chef. Tous l'imitèrent et Yorki comprit que ces orcs l'avaient définitivement accepté comme leur chef. Sur cet instant, Alakantus relança la marche à la gloire de Yorki et ils traversèrent le marais.

Après deux jours de marche forcée, la compagnie arriva près du village humain, en fin de soirée ; un instant idéal pour les orcs. Le soleil se couchait à peine laissant le ciel dans une couleur sang et or.
"Alakantus, prends la moitié des guerriers et contourne le village. A mon signal tu entreras par la porte sud."
Il obéit sur le champ. Yorki posta ses orcs près des barricades humaines. Après quelques dizines de minutes, Yorki donna le signal de l'assaut.
"Tuez, brûlez, pillez, violez !!!" ordonna Yorki d'un ton jubilatoire, les yeux injectés de sang. Il sonna le cor et les orcs se ruèrent sur le village.
La bataille fut brève. Les soldats humains furent pris comme cible dès les premiers instants. Yorki, avec sa hache Harakan, fonça vers le chef du village, tout en dépeçant et tuant quelques hommes armés de pics ou d'épées. Le chef du village, Malak, gisait aux pieds de Yorki, en implorant le chef orc de l'épargner. Yorki l'empoigna par les cheveux et sonna le cor. Tous les combats stoppèrent et tous se retournèrent pour voir le spectacle ! La cruauté se lisait sur le visage de l'orc :
"Humains, je tiens votre chef !", ricana-t-il.
Ses yeux devinrent rouges. La colère et la furie montaient en lui. Il décapita le chef humain et un cri rauque se fit entendre et glaça le sang des humains rescapés. Les orcs poussèrent des cris de victoire et se déchaînèrent sur les rescapés. Le village fut entièrement brûlé.
Aucun rescapé, sauf un petit garçon âgé d'une dizaine d'années environ, qui réussit à tromper la vigilance des orcs. Mais cet enfant ne s'était pas échappé tout seul, on l'avait volontairement laissé partir, sur ordre de Yorki, afin qu'il raconte la fureur, la détermination et la cruauté des orcs ; et surtout pour insuffler la peur chez les humains et leur faire prendre conscience de la force de cette compagnie. Une quinzaine de gobelins étaient restés en arrière. Yorki les acceptait tant qu'ils s'occupaient de l'intendance : tout ce qui concernait la nourriture et la boisson. A peine la bataille terminée, les gobelins préparaient le festin et la bière.

Les compagnons d'arme de Yorki faisaient grise mine. En effet, ce village était habité par des fermiers : pas d'or ou très peu. Yorki le savait, les orcs avaient accepté son commandement mais il lui fallait apporter à la troupe la chose qu'elle affectionnait particulièrement : l'or. Yorki leur apprit alors que leur prochaine halte serait la forteresse de Oualet, à côté d'une mine d'or...

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