Chapitre 4 : Dans le labyrinthe d'Alcancia

Une matinée de marche fut utile au trajet. Il y arrivèrent (en ayant marché de nuit) tôt le matin. La ruine était l'exemple parfait d'un château abandonné. La cité n'était pas détruite : quelques éboulis traînaient un peu partout, mais la forteresse était debout. L'endroit parfait pour ne pas se faire remarquer !
A mesure que le groupe s'enfonçait dans les profondeurs du labyrinthe d'Alcancia, il se rendait compte du point fort de la cité ; son labyrinthe intérieur, bordé tout le long par des chemins de ronde, rendait un siège terriblement difficile. Effectivement, les soldats ennemis se seraient perdus dans les labyrinthes et auraient été assaillis par les archers depuis les chemins de ronde. A ce moment, Irtiko se dit qu'il était dommage que cette cité soit désertée. Heureusement, les murs étaient abattus à certains endroits, ce qui rendait la progression vers le centre plus simple. Au bout d'une heure de marche, tout de même, ils arrivèrent au donjon, au cœur du château. L'endroit était silencieux... Trop silencieux... Cette pensée avait effleuré l'esprit d'Irtiko mais ne l'avait pas alerté sur la probabilité des faits à venir... A peine eurent-ils repéré les lieux, qu'une troupe de soldats leur tomba dessus, arme au poing...
Ceux-ci les maîtrisèrent sans difficulté, et les attachèrent fermement entre eux...
Un homme s'approcha d'eux l'air sévère : sûrement le chef.
"Que faites-vous là ?! dit-il d'un ton sec néanmoins étonné...
- Nous sommes des rebelles de la cité assiégée de Hurkacie, répondit calmement Irtiko.
- Ce sont NOS ruines ! Vous n'avez rien à y faire, même en tant que réfugiés ! coupa brutalement le chef.
- Nous avons pourtant besoin d'alliés pour reprendre notre vallée... dit sincèrement Irtiko.
- Nous ne sommes pas de "valeureux guerriers", comme vous vous en doutez. Nous ne le devenons qu'avec des bourses d'or dans nos poches. Et ça m'étonnerait que les vôtres en soient pleines !
Les mercenaires éclatèrent de rire devant le calambour que venait de faire leur patron.
- Peut-être pas, dit Irtiko sans se démunir de son sang froid et sans prêter attention aux paroles du mercenaire, mais la salle des coffres de notre château est pleine de couronnes et de bijoux en tout genre...
Le mercenaire, pour la première fois depuis le début de la conversation, ne semblait plus maître de la situation :
- Combien ? demanda-t-il avec excitation.
- Changé en pièces d'or vous en avez pour vous et vos compagnons jusqu'à votre mort... répondit Irtiko, un petit sourire au lèvres.
- ... ... &Cced;a marche."
Le chef mercenaire tendit la main pour serrer celle d'Irtiko, mais se retint au dernier moment en se rappelant que celui-ci avait les mains liées dans le dos.

Après avoir détaché les rebelles, les mercenaires ne perdirent pas de temps, motivés par l'argent, et, ainsi, oubliant leur faim, partirent dans les heures qui suivirent accompagnés des réfugiés. Il fut convenu que seuls les hommes ayant plus de vingt ans participeraient au combat. On leur procura des armes. A la tête de l'armée, Irtiko et le chef mercenaire partirent en route vers la cité prisonnière des Terrakis...

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