Chapitre 5 : La bataille de la liberté

L'armée de la libération atteint la forteresse deux jours après. Les lieux avaient quelque peu changé : des gardes Terrakis étaient postés un peu partout autour du château, le pont-levis avait été épaissi et les champs agrandis sûrement sur l'ordre du nouveau roi. Pour plus d'effet de surprise, l'armée décida d'attaquer, comme le dernier assaut ennemi, de nuit. Ils mirent donc sur pied un plan visant à libérer en premier la prison, gonflant ainsi leurs rangs de prisonniers, fatigués, certes, mais pour la plupart rageurs et courageux.
Puis, ils iraient au point stratégique afin de le contrôler : le donjon, annexé à la salle du trône.

Le soleil vient de se coucher, plus qu'une heure et les combattants attaqueront.

&Cced;a y est : avec Irtiko à leur tête, les mercenaires mêlés aux rebelles enhardis se dirigent vers le château endormi, en tuant discrètement les rares gardes encore éveillés. Il ne sont plus qu'à quelques mètres de la prison, le garde à l'entrée est endormi : il ronfle. Sans le couper dans ses rêves, on lui enfonce une dague en plein cœur : lâche, mais indispensable pour leur sécurité. On lui prend par la même occasion ses clefs de cellules.

Arkandiel, épuisé par le froid, était allongé sur ce qui ressemblait à une couchette, qui n'était en fait qu'un banc de pierre à peine recouvert par un peu de paille, moisi par l'humidité. Il ne dormait pourtant pas encore quand il entendit un bruit dans le couloir : lui apportait-on un repas inespéré ? En regardant à travers les barreaux il s'aperçoit que c'est bien plus : il reconnaît ce bûcheron qui travaillait dans les bois royaux... Comment s'appelle-t-il déjà... Irtaku ou Irkoti... Non : Irtiko ! En tentant de ne pas faire trop de bruit, Arkandiel révèle sa présence en tapant légèrement sur les barreaux avec sa vieille gamelle qui ne lui sert plus depuis plusieurs jours...
Clig ! Clig !
- Quel est ce bruit ? s'inquiète Irtiko.
- Irtiko ! C'est moi ! Arkandiel !
- C'est donc ici qu'on t'a enfermé !
- Viens me libérer !
Irtiko prend les clefs et ouvre sa cellule. Puis lui dit :
- Les enfants ne participent pas à la bataille... Il faut que tu retournes sur les rocheuses, tu y retrouveras les autres...
- Mais les gardes vont me voir ! s'étonne Arkandiel.
- Bon... Viens avec moi, et suis-moi de très très près...
Sans le quitter d'une semelle, Arkandiel emboîte le pas à Irtiko.

Après avoir libéré les prisonniers, leur avoir expliqué la situation et leur avoir distribué des armes, les guerriers se dirigent vers la salle du trône. En y arrivant, ils se rendent compte de l'importance de ce lieu : ici, tous les gardes sont réveillés et prêts à combattre (les rondes doivent être nombreuses).
- Toi tu te caches quelque part et tu ne bouges plus... dit Irtiko à Arkandiel.
- Très bien... répond celui-ci sans protester.

Après avoir bien observé la situation, l'armée charge... Les gardes, tout de même surpris, se font littéralement massacrer par des mercenaires sauvages. Les bras coupés et les crânes fendus ne se comptent plus. Arkandiel ne regarde pas : il n'aime pas la violence. La seule fois qu'il ose voir ce qui se passe, il est pris de nausées à la vue d'un rebelle, arrachant les yeux à un garde Terrakis malchanceux.

La salle du trône fut finalement libérée au bout de quinze minutes de combat sanglant. Le roi ennemi fut chassé du pays sans ses hommes.

Victorieuse, l'armée de la libération rejoignit les femmes et les enfants en haut de la vallée. Arkandiel retrouva sa mère, et les mercenaires submergés d'émotions malgré leurs durs caractères, en oublièrent leur butin...
Le château fut réaménagé comme la cité d'Alcancia et tout le monde reprit ses activités d'antan...

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