Chapitre 4 : Ironfist nous voici !

N'ayant plus assez d'argent suite aux achats de la veille, nous décidâmes d'aller au château Ironfist à pied. Après cinq jours de marche sans surprises, j'aperçus à l'horizon les tours du château, mais sur le chemin nous attendaient un important nombre d'hommes. Vêtus de haillons, portant des turbans et avec des bâtons de mauvaise facture à la main.
Ils coururent vers nous en hurlant des cris étranges, et commencèrent à frapper Jerec avec leurs bâtons. Celui-ci ne s'en souciait guère, et décida que des gens sensés n'attaquaient pas un groupe d'aventuriers, et que ceux-ci étaient donc des pillards de base ; il commença à les faucher avec son épée. Les pauvres n'étaient pas de taille face à nous, et furent rapidement éliminés. L'un d'eux était néanmoins beaucoup plus résistant. Ses vêtements, et même sa peau, étaient d'une étrange couleur verdâtre, et il se battait comme un fanatique, parvenant même à mettre Jerec à terre, avec un simple bâton ! Natalya, agacée par ce "guignol", leva sa hallebarde, et la laissa retomber lourdement sur le fanatique. Celui-ci tenta de parer le coup avec son bâton, mais ce dernier subit le même sort que son propriétaire : coupé en deux. "J'espère qu'ils ne nous en voudront pas d'avoir sali la route, au château", plaisanta Jerec.

Notre groupe continua sa route, et prit le chemin qui menait à la ville basse. J'empruntai le chemin montant sur la colline fortifiée, suivi par le reste du groupe. Derrière les imposants remparts se trouvait une seconde ville, avec, trônant en son milieu, le centre du pouvoir royal à Enroth, le château des Ironfist. Le prince Nicolaï nous accueillit très bien, il avait entendu parler de nous par le maire de Sorpigal. Le régent Wilbur Humprey fut très satisfait de connaître la situation d'Eau Claire, et nous confia une importante mission : savoir si le seigneur Kilburn était encore en vie, et si oui, le retrouver. Il s'entretint quelques minutes avec Natalya, car le régent était le maître de la confrérie des paladins d'Enroth. Le prince Nicolaï semblait s'ennuyer, et nous supplia de l'emmener en secret au cirque solaire. Il nous rejoignit en sortant par la porte secrète, derrière le château.
Après une série d'achats au château, dont les boutiques proposaient des objets d'une qualité incroyable, nous décidâmes de chercher l'auberge. Nous demandâmes notre chemin dans une maison, et le riche marchand qui l'habitait en profita pour nous demander de lui ramener une harpe précieuse que des pillards, les dragoons, lui avaient volée. La nuit à l'auberge était chère, comme tout dans cette ville, et Nicolaï profita de notre sommeil pour nous fausser compagnie. A notre départ de la ville, nous étions à nouveau pauvres, et nous avions probablement mis le prince dans une situation plutôt dangereuse.

Sur le chemin, Lyna se souvint que le maire de Sorpigal nous avait dit que la guilde obscure sévissait dans la région, et qu'ils avaient enlevé une jeune fille de Sorpigal. Ils se terraient dans des caves abandonnées au sud de la ville. Les disciples du culte des démons ne nous posèrent guère de problèmes, et les hommes-lézards non plus. Après un léger contretemps chez l'ermite (je renonce à comprendre ses énigmes : "je l'ai perdu, vous ne l'avez jamais trouvé"*), notre groupe arriva devant la porte de bois vermoulu. Un coup de pied plus tard, nous étions dans des caves poussiéreuses, qu'on aurait juré abandonnées sans ces traces de pas fraîches qui ressortaient dans la poussière.
Jerec n'eut pas le temps de faire trois mètres dans le couloir qu'une porte s'ouvrait près de lui et que des hommes encapuchonnés dans une longue cape en sortaient. Ce n'est que lorsqu'un poignard me frôla que je me rendis compte que d'autres voleurs avaient surgi derrière nous. Ils se déplaçaient rapidement et silencieusement, et leurs coups de dague étaient incroyablement précis. N'ayant que moyennement confiance en ma cotte de mailles, je laissai Jerec et Natalya au corps à corps, et essayai mon arc, dont j'avais appris à me servir au château. Les voleurs évitaient les flèches avec une dextérité qui imposait le respect. J'appris néanmoins à anticiper leurs mouvements, et mes tirs combinés à ceux de Lyna vinrent à bout des brigands qui nous avaient pris à revers. Ceux de devant étaient néanmoins plus coriaces. L'un d'eux avait une cape brune et semblait être le chef. Il était si habile avec ses dagues qu'il parvint à désarmer Jerec, mais pas à traverser son armure.
Jerec fut si surpris qu'il en oublia les règles de base du combat et mit un magnifique crochet du droit au voleur, récupéra son épée et le cloua (au sens propre) au sol. "Pas très élégant, commenta Natalya.
- Il m'a énervé avec ses canifs ridicules !
- Eh bien on dirait que tu n'as pas fini d'être énervé : il y en a encore plein qui arrivent !, avertit Lyna."
Cette fois, nous étions préparés. Les voleurs coincés dans les couloirs ne purent éviter les flèches, et ceux qui arrivèrent au corps à corps furent impitoyablement massacrés. Après une brève exploration de dortoirs miteux, nous arrivâmes dans une grande salle où nous attendaient des hommes à la mine patibulaire, portant des armures de cuir peu souples mais qui semblaient assez résistantes, et portant une grosse masse d'armes à la main.
"Ahhh enfin des vrais bourrins !!", s'exclama Jerec, ravi. Les brutes chargèrent, leurs masses s'écrasant lourdement sur le bouclier du chevalier. Celui-ci frappait d'estoc et de taille, et bientôt tous les brigands furent hors d'état de nuire.
"C'est trop facile, murmura Lyna, quelque chose cloche."
Comme pour prouver ses dires, la porte devant Jerec explosa, et une foule de brutes et de voleurs lourdement équipés en déferla. Nous étions submergés. Plus question d'utiliser un arc. Je sortis mon épée et chargeai aux côtés de Natalya et Jerec. Lyna nous suivit, une dague à la main. Le combat fut long et pénible. Les brigands étaient coriaces et trop nombreux. Notre salut fut assuré par les sorts de soins de Natalya, et par les sorts de feu que Lyna et moi utilisions à outrance. Après des heures de combat, nous passâmes la porte, blessés et épuisés, mais toujours prêts à en découdre avec la guilde obscure. Quelques couloirs plus loin, Jerec défonça la porte de la réserve. Des sacs de nourriture, d'or, des coffres, toutes les richesses amassées par la guilde obscure en détroussant les voyageurs qui partaient ou allaient au château.
Alors que nous ramassions notre précieux butin, une nouvelle troupe de brigands débarqua dans la salle. Pris au dépourvu et ayant utilisé toute notre énergie dans le dernier combat, nous fûmes obligés de lutter au corps à corps, ce qui ne déplut pas à Jerec : "Pour une fois on se retrouve tous dans la même galère", dit-il. Cette fois, ce furent nos potions et nos herbes qui nous sauvèrent la vie, de justesse. Jerec et Lyna réussirent à venir à bout du chef des pillards et à retrouver la villageoise. Après quoi ils rentrèrent au château en nous portant, Natalya et moi, car nous étions tout deux inconscients, elle après un coup de masse sur le casque et moi car les coupures multiples m'avaient fait perdre trop de sang.

Je me réveillai deux jours plus tard, et Jerec me raconta les évènements qui s'étaient déroulés durant mon absence. Ils étaient repartis à Sorpigal grâce à un homme nommé Gharwyd, qui pouvait lancer un sort ramenant un groupe de personnes dans la dernière ville visitée. Ils avaient utilisé la récompense du maire pour engager ce fameux Gharwyd dans le groupe. "Ses compétences nous seront utiles. En plus, il sait lancer des sorts de glace pour se défendre", m'assura Jerec.** Puis ils étaient revenus à cheval, et avaient commencé à explorer les environs de la grotte des dragoons. "Demain, nous y allons pour de bon. Tu sera sur pieds ? me demanda Jerec.
- Pas de problème, maintenant j'ai une revanche à prendre avec ces maudits brigands", répondis-je.
Cette réponse sembla satisfaire Jerec qui me mit une grande claque dans le dos, en me disant qu'il était heureux de faire équipe avec quelqu'un sur qui on puisse compter. J'ignorais depuis quand Jerec faisait dans les sentiments... Pensant que la grotte des dragoons serait un endroit encore plus dangereux que la cachette de la guilde obscure, je décidai de prendre encore du repos, pour être au meilleur de ma forme le lendemain. Je me rendormis donc sur le luxueux lit de l'auberge du château Ironfist.

* C'est vrai que c'est totalement incompréhensible quand on ne sait pas à quoi ca sert...
** Normalement les PNJ ne se battent pas mais je vais faire une exception... D'ailleurs vous remarquerez que Manta est un sorcier qui porte une cotte de mailles et une épée, et Lyna une archère qui porte une dague...

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