Chapitre 5

Sur son trône, le roi Edwin II était fatigué, il avait passé sa soirée et une grande partie de la matinée à conter ses exploits au duc. Il attendait le début d'après-midi pour manger à nouveau.
Mais, Edwin n'aurait-il pas dû rentrer à l'aube ? Le souverain l'avait totalement oublié ! Que lui était-il arrivé ?!
"Garde ! cria le roi.
- Oui sire ?
- Des nouvelles de mon fils ?
- Non sire, aucun homme à l'horizon."
Mais que lui était-il donc arrivé ?... LA LETTRE ! Ca avait sûrement un rapport, pourquoi n'y avait-il pas pensé plus tôt !
Le roi se leva du mieux qu'il pût et courut chercher la lettre sur son bureau.
Il la regarda attentivement : l'enveloppe était plus jaune que blanche, humide à cause du voyage qu'elle avait fait. Le cachet de cire était inconnu du roi, il représentait un simple cercle : une lettre anonyme ? Le roi l'ouvrit soigneusement. Mais lorsqu'il sortit la lettre de celle-ci, un léger nuage de poussière se dégagea de l'intérieur et s'infiltra dans les narines de l'homme, lui laissant un goût amer dans la bouche :
"De la poussière ?! Elle n'est pourtant pas si vieille que ça !"
Tout à coup, il se passa quelque chose d'étrange dans son corps ; il se sentit différent : l'effet de cette poudre ?
"Bon que dit la lettre ?"
Il déplia le papier cartonné et commença sa lecture ; la lettre disait :

"Au roi Edwin II, souverain du royaume humain,

Sire, nous sommes des amis, nous ne vous voulons pas de mal, nous ne désirons pas la guerre.
En revanche, nous déprécions vos façons d'agir et de vous comporter. Comme vous aurez pu le constater, votre fils n'est pas rentré de son épreuve : nous le retenons dans notre forteresse. Je sais qu'il est le seul héritier du trône.
Je vous propose donc un marché : soumettez-vous à nous, et il aura la vie sauve. Nous pourrons ainsi, tous ensemble, nous unir et former un clan unique. En revanche, si vous tentez une attaque, ou si vous résistez, votre royaume restera sans descendant.
Je vous remercie d'avance de votre réponse,

Harchouk."

Il n'en croyait pas ses yeux. Quelle lettre infâme, oser s'opposer au grand roi Edwin II !
Non, le roi ne se soumettrait jamais, même s'il devait y laisser son fils... Mais à ce moment, une chose étrange se produisit, comme s'il renaissait, il n'était plus le même, il ne sentait plus ses jambes, son coeur s'accélérait, la pièce tournait autour de lui, tout devenait flou.
Puis, pris d'une sensation étrange, il se sentit forcé d'accepter... Sans raison aucune, il voulut défendre sa famille...
Pourquoi ?
Lui qui avait toujours été si égoïste !
"Non ! Je veux garder mon royaume !
Tout se bousculait dans sa tête : fils... royaume... fils... royaume...
...Mais, mon fils... Non, mon royaume !!! Pas question ! Non ! Mon royaume ! Mon fils !..."

Le roi sentait que plus rien n'allait. Il ne savait plus quoi penser, quoi faire... La pièce autour de lui tournait de plus en plus vite ! Il tomba sur le sol, anéanti...

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