Chapitre 7

"Sire !
Sire !
Sire !
Sire !"

Un oeil s'ouvre, puis l'autre :
"Ma tête !
- Vous êtes vivant votre altesse ?
- Que s'est-il passé ? Nous vous avons retrouvé étendu sur le sol, le visage crispé !
Le roi commençait à se souvenir ; la lettre, son contenu, mais qu'est-ce qui l'avait mis dans cet état ? Il ne s'en souvenait plus. Mais il se rappelait quelque chose : il devait sauver son fils...
- GARDE ! GARDE ! GARDE ! Notre peuple doit rendre les armes ! Nous sommes vaincus ! VAINCUS ! Plus la peine de résister ! Nous sommes vaincus ! VAINCUS ! Mon fils, mon tendre fils ! Prisonnier à jamais de nos ennemis ! Il faut le sauver !
- Mon maître ! Vous divaguez ! Que racontez-vous ? s'exclama un valet.
- Que me racontes-tu, vilain ! Tu oses t'opposer à ton roi ?! Tu veux la mort de mon fils ?! QU'ON LE FASSE PENDRE ! A mort, couard !
- Je vous en conjure : calmez-vous !
- Tu continues ?! A MORT ! A MORT ! SAUVONS MON FILS !!!
- Il faut chercher à comprendre cette folie soudaine sinon il ne sortira pas de sa démence ! se lamenta un garde.
- Il n'y a rien à comprendre INCULTE ! EN AVANT ! EN AVANT !
Le roi était dans un état de folie aiguë ; sa démence était telle que ses yeux rougis menaçaient de tomber en sortant de leurs orbites, ses mains tremblantes étaient crispées par la haine, il bavait, crachait, et frappait toute personne qui osait s'approcher de lui.
- Vous ne comprenez donc pas ?! Le DIABLE veut ME prendre MON FILS ! ABATTEZ-LE ! Qu'on le pende ! LE PENDE ! LE PENDE ! A MORT ! A MORT !!!
- Gardes ! Ligotez-le : il devient insupportable ! ordonna le conseiller.
- C'EST UNE MUTINERIE !!! Tu payeras pour TES ACTES ! MISERABLE ! INGRAT ! LACHE ! TRAITRE !!! Qu'on vous pende TOUS ! Qu'...
Les gardes avaient dû esquiver les coups et les morsures que le roi distribuait à tort et à travers pour le ligoter. Tout le palais était sous le choc : le roi, fou ! Et sans successeur ! De plus, personne ne connaissait l'existence de la lettre. Apparemment, le roi Edwin II avait été fortement perturbé par la lettre, la poudre n'avait fait qu'aggraver un trouble déjà grand.
La situation allait changer...

Retour haut