Chapitre 6

"Debout ! Allez !
La voix avait résonné dans sa tête comme un écho aurait disparu dans une vallée déserte.
- Allez, debout gros fainéant !
- C'est toi Erdeïne ?
- Qui veux-tu que ce soit ?
- J'ai dormi pendant combien de temps ?
- Nous sommes en début d'après-midi, Harchouk veut te parler !"
Ah ! C'est vrai ! Edwin avait oublié.
Accompagné d'Erdeïne, il descendit les marches du donjon quatre à quatre.
Il avait hâte de pouvoir enfin discuter réellement avec le géant...
Après une minute de descente avec Erdeïne qui courait derrière lui, Edwin arriva enfin devant la chapelle castrale.
"Reste ici une seconde, je vais voir si Harchouk peut te recevoir...
Le petit Fedeïne entra dans la chapelle et en ressortit quelques secondes après :
- &Cced;a y est, tu peux entrer ; je ferai l'intermédiaire entre lui et toi."
Edwin s'empressa d'entrer dans la "cathédrale" qui l'impressionnait toujours autant.
Le géant l'attendait effectivement, encore une fois, debout derrière l'autel.
"Herkops jenh Edwin ! dit le géant d'une voix amicale.
Erdeïne commença la traduction :
- Bonjour mon cher Edwin ! On m'a dit que tu avais des questions à me poser ? Je t'écoute !
Sans perdre une seconde, Edwin commença à son tour :
- Tout d'abord, on n'a pas voulu me dire comment vous alliez attirer l'attention de mon père s'il est, comme vous le prétendez, si égoïste ?
- Ah ! Je croyais que tu l'avais deviné après avoir été toi-même victime d'une potion ! C'est simple : la lettre, dès qu'elle sera ouverte, dégagera une fumée qui modifiera "légèrement la vision" des choses de ton père !
- J'aurais dû y penser effectivement... Mais si ce n'est pas mon père qui l'ouvre ?
- Impossible : tout le monde sait que toute lettre destinée au roi est presque "sacrée" !
- Bon très bien, une autre question alors : pourquoi voulez-vous absolument me faire écrire un journal si vous pouvez lire dans mes pensées ?
- Je suis désolé mais c'est une question à laquelle je ne peux toujours pas te répondre.
- Très bien !... Que comptez-vous faire des humains une fois soumis : qu'est-ce qui vous dit qu'il n'y aura pas des révoltes et des combats ? Si vous les ralliez à votre royaume, il auront bien des raisons de se retourner contre vous, non ?
- Seul l'avenir nous le dira...
- Une dernière question : que deviendrai-je après la prétendue soumission des hommes ?
Edwin retint son souffle :
- La même chose que moi vis-à-vis des Fedeïnes : tu es jeune, et, je trouve, différent des autre humains : tu seras notre instructeur, notre conseiller.

La discussion était close : Erdeïne raccompagna Edwin dans le donjon. Bien qu'il n'eût rien bu et qu'il sût que le journal serait lu par Harchouk, Edwin continua celui-ci : il voulait laisser une trace de cette histoire. Il coucha donc sur le papier la discussion qu'il avait eue avec Harchouk cette après-midi là.
Au fur et à mesure qu'il écrivait, il se rendit compte qu'il aimait bien Harchouk et les Fedeïnes : il avait un rôle. Certes, pour le moment, aiguillé par les potions, mais Edwin comptait bien agir bientôt de lui-même en prouvant sa bonne foi à Harchouk. Cela lui plairait bien d'être le conseiller humain.

"Finalement, je me rends compte que nous, les humains, sommes à un niveau bien bas de l'échelle de la sagesse ; je commence à être de plus en plus d'accord avec Harchouk. Je commence presque à le soutenir pour soumettre mes confrères. Est-ce de la trahison ? Je ne peux pas encore y répondre... Mais je sais que jusqu'à ce jour, l'espèce humaine ne s'est pas montrée digne de l'opportunité qu'on lui a offerte de vivre sur cette terre."

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