Chapitre 8

Landreck se réveilla avec un bon mal de crâne et un goût âpre dans la bouche. Se levant en maugréant, il alla se laver un peu, l'eau fraîche soulageant son engourdissement. Lys dormait toujours, et elle ne se réveillerait probablement pas avant quelques heures.
Il fit un rapide tour des environs afin de vérifier que rien d'anormal ne s'était produit dans la nuit, puis décida de partir chasser, n'ayant que cela à faire tant qu'il était seul. Saisissant un arc et un carquois, il erra longtemps parmi les arbres centenaires, silencieux comme une ombre. Il repéra au bruit le sanglier bien avant que celui-ci n'ait pu le flairer, et bien avant de le voir. Grimpant dans un arbre proche, il banda silencieusement son arc, laissant l'animal s'approcher. Son comportement était... étrange. Il semblait rechercher quelque chose... Quelque chose d'autre que de la nourriture... Attribuant ce raisonnement à son abus d'alcool de la veille, Landreck tira. La flèche atteignit l'animal au flanc, mais celui-ci, particulièrement résistant, s'enfuit. Landreck tira à nouveau, mais l'animal évita le trait. Puis, avisant le buisson derrière lequel l'animal venait de passer, il misa sur le coup de chance et lâcha une nouvelle flèche à travers les feuilles, qui fit mouche. Il entendit un glapissement et un bruit de chute, puis plus rien. Il descendit calmement de son arbre et s'avança prudemment jusqu'au buisson, mais plus rien ne se trouvait derrière. Il y avait bien du sang, la trace du sanglier, celle de sa chute... puis plus rien. Landreck, troublé, revint à leur abri. Il se passait quelque chose d'anormal, il fallait qu'il reste près de Lys pour la protéger, jusqu'à son réveil.
De retour dans la clairière, il aperçut un petit tofu, qui traversa la clairière comme l'aurait fait n'importe quel petit oiseau surpris par un humain. Malheureusement pour le volatile au crâne creux, il se rua droit sur un des nombreux pièges de Landreck. Il y eut un claquement sec, un petit cri suraiguë... Puis plus rien. Le tofu avait lui aussi mystérieusement disparu. Pourtant, le piège s'était bien déclenché, constata Landreck en le réarmant. Le sanglier avait fait naître le doute en lui, mais les tofus, pas plus que les sangliers, ne disparaissaient de la sorte. Il n'y avait que deux explications à tout ceci. Soit un disciple d'Osamodas avait perdu ses invocations, et il eut fallu qu'il soit particulièrement stupide, soit il s'en servait pour les espionner, lui et Lys. De par leur situation actuelle, Landreck choisit la seconde probabilité. Il entra prudemment dans la maisonnette, ferma la porte, s'équipa pour le combat et alla réveiller Lys.
Il eut bien du mal à la tirer de son sommeil, et finalement ce fut une Lys à la mine défaite et à l'air légèrement ahuri qui écouta ses explications et mises en garde concernant l'éventualité qu'ils ne fussent surveillés. Il sortit ensuite se poster devant la porte pendant qu'elle se préparait à son tour. Enfin, ils prirent ensemble un petit déjeuner copieux, manger étant la meilleure façon de se remettre de leur abus de la veille. Émergeant peu à peu des brumes du sommeil, Lys posa de plus en plus de questions sur la conduite à tenir. Ils convinrent finalement que le plus sage était de continuer leurs activités habituelles comme si de rien n'était, mais de ne pas se séparer et de toujours conserver une arme à portée de main. Si cet espion avait été envoyé par Justice, il finirait bien par se trahir. S'il était juste un homme prudent cherchant à éviter les mauvaises rencontres, il finirait par passer son chemin.


"Alors ? demanda Elaya, impatiente.
- Je vois à peu près où ils sont. Le tofu n'a pas survécu assez longtemps pour que je repère sa position avec précision, mais en combinant ces informations avec celles, plus sûres, du sanglier, ça devrait aller. Tes yeux feront le reste du travail, répondit Anyl, confiant.
- Tu aurais pu mieux dresser tes bestioles, tout de même. Si Landreck ne se doute de rien après tout ceci, il est vraiment demeuré !
- Peu importe qu'il se doute de quelque chose, intervint Zendar. Qu'il s'attende ou non à notre attaque, il mourra. Un homme qui sait qu'il a des ennemis dans un bois ne sait pas pour autant d'où viendra la flèche qui le tuera.
- Je le ferai payer pour avoir tué Luciole et Brasier ! s'écria soudain Anyl.
- Tu devrais arrêter de donner des noms aussi stupides à tes invocations, et de t'y attacher, petit frère, répondit Zendar, consterné.
- Bon. Guide-nous, et préparons notre assaut. Moins nous passerons de temps dans cette forêt, mieux ce sera", conclut Elaya.


La guerrière regarda du haut de son arbre les trois membres de Justice se mettre en route à travers les bois. Ils étaient négligents, mais leurs capacités de pisteurs étaient meilleures que les siennes, elle qui ne pouvait compter que sur sa vue et son expérience pour se diriger. Pour trouver Landreck, il lui suffirait de les suivre... et de rester discrète.


À l'autre bout de la forêt, ce qui ressemblait à une énorme souche si sombre qu'elle en paraissait noire s'anima, bientôt imitée par d'autres, de moindre taille. Les abraknydes sombres se dressèrent, furieux. Tirés de leur sommeil millénaire par d'autres abraknydes plus jeunes, ils allaient, une fois de plus, éliminer les impudents qui osaient souiller leur domaine.


Dans sa clairière, les rêves du chêne mou furent troublés quelques instants. Ses frères s'éveillaient, même parmi les plus anciens. Ceux qui avaient violé son sanctuaire allaient bientôt regretter leur erreur... Confiant, il laissa son sommeil séculaire se poursuivre.


Landreck n'écoutait absolument rien aux projets que Lys lui proposait, un plan de Bonta déroulé sur une table de fortune à l'extérieur de la cabane, cette dernière étant trop sombre pour qu'ils puissent y étudier correctement. Le moindre bruit retenait son attention, il parcourait des yeux les bois environnant, cherchant à paraître naturel... tout en étant bien trop raide. Comment ne pas l'être lorsqu'on sait qu'une flèche peut à tout moment venir vous transpercer ? Lys ne faisait aucune remarque. Elle aurait tout le loisir de lui répéter ce qu'elle avait imaginé plus tard. Elle s'efforçait de maintenir incessant son babil, tout en scrutant discrètement les arbres dans le dos de Landreck. À présent qu'il était repéré, l'ennemi allait sans doute agir rapidement et en comptant sur la surprise... Restait à savoir combien ils étaient !


Elaya se dissimula derrière un arbre, sa longue tunique aux couleurs forestières la rendant pratiquement invisible dans ce décor. Elle observa sa cible. Parfait, elle se trouvait juste dans le dos de Landreck, comme prévu. Elle attendit quelques secondes, puis décida que les deux autres avaient eu assez de temps pour se positionner. De toute façon, si elle faisait correctement son travail, ils n'auraient pas à intervenir. Et Elaya ne comptait pas faillir. Elle sortit tranquillement une flèche de son carquois, et banda son arc, minutieusement. Elle savoura l'instant, s'imaginant déjà les récompenses qu'elle recevrait pour cette élimination, puis lâcha la corde.


Landreck n'attendit pas lorsqu'il vit les yeux de Lys s'agrandir subitement sous le coup de la surprise. Quelque chose, derrière lui, n'était pas normal. Il frappa violemment la table du pied, se laissant glisser du petit rondin sur lequel il était assis, laissant le meuble retomber dans son dos, lui offrant un relatif abri. Le bruit sourd qui retentit un instant plus tard à travers le bois de la table lui confirma ses impressions : le temps de la confrontation était venu. Lys eut le bon réflexe, se ruant à l'intérieur. N'ayant le temps de l'imiter, Landreck se mit à couvert derrière la maison... pour y trouver un autre adversaire. L'homme était de grande taille, mais filiforme. Son torse découvert était couvert de cicatrices et de traces de sang plus ou moins fraîches, et une lueur démente habitait son regard. Zendar frappa d'une de ses dagues, mais Landreck saisit une des bûches du tas de bois et s'en servit pour parer le coup. La lame s'enfonça profondément dans le bois, ce qui permit au Féca de désarmer son adversaire d'un mouvement brusque, tout en lui laissant le temps de saisir son bâton. Zendar jura. En un coup, il venait de perdre une de ses dagues. Ce Landreck était agile comme un diable ! Mais il ne ferait pas le poids lorsqu'Anyl les aurait rejoints...
Lys sortit soudain en trombe de la maison, courant droit vers le repaire présumé de l'archer. Une flèche l'atteignit au ventre. Elle poussa un cri, mais refusa de tomber, continuant sa course. Deux autres flèches vinrent s'enfoncer dans son corps, transformant cette course en marche titubante. Une dernière flèche vint la jeter à terre, inerte.
Elaya exultait. Cela avait été si facile ! A présent, elle n'avait plus qu'à contourner la maison pour abattre Landreck pendant qu'il était occupé avec Zendar. Elle jeta un dernier regard à sa victime... Et ne la vit plus. Ses flèches étaient éparpillées sur le sol, sans trace du corps. Un bruit dans les feuillages attira son attention, et elle se retourna juste à temps pour voir Lys lui sauter dessus, une dague à la main. Elle recula brusquement, évitant la lame meurtrière. Son arc n'eut pas la même chance, et elle dut abandonner l'arme devenue inutile. Dégainant une épée courte, elle jura. Un clone et l'invisibilité. Elle avait été bien trop confiante et s'était laissée tromper par des techniques si simples ! Elle se mit en garde et attendit patiemment l'assaut, sachant que chaque éraflure pourrait lui coûter la vie.
Anyl jura. Si ses bottes n'avaient été renforcées par une épaisse plaque d'acier, il aurait eu la jambe broyée par ce foutu piège à loup. Et Zendar qui était déjà en train de se battre alors qu'il se libérait ! Il reprit enfin sa course, cherchant, jubilant. Il atteignait enfin Landreck ! Sortant son marteau, il prépara son coup.
Landreck porta un nouveau coup en direction de son adversaire, qui ne fit aucun effort pour le parer. Il le reçut en plein visage, sa tête tournant brusquement de quatre-vingt dix degrés avec un petit craquement. Il la redressa lentement, un sourire dément sur le visage, et frappa Landreck de sa main nue. Le Féca para le coup de son bâton mais fut projeté en arrière sous la violence du coup. Qui était ce type ? Il encaissait mieux que quiconque, et, pire, chaque coup semblait le renforcer ! Anyl profita de sa surprise pour frapper par derrière, mais Landreck sentit l'intrusion dans son bouclier Féca, et, profitant du léger ralentissement que ce dernier imposait au coup, se jeta en avant, roulant sur lui même, pour l'éviter. Il tendit au passage la jambe pour frapper Zendar au ventre. Le coup était faible, mais suffisant pour le déstabiliser le temps que Landreck ne se relève et se place face à ses deux adversaires... Deux contre un, cela promettait d'être difficile. L'Osamodas invoqua un sanglier et un énorme craqueleur, tandis que l'autre venait lui murmurer quelque chose à l'oreille. Landreck écrasa son bâton sur la tête du sanglier, puis plongea, évitant le pied monstrueux du craqueleur qui cherchait à l'écraser. Derrière, il entendait l'Osamodas préparer de nouvelles invocations. Il devait en finir vite avec ce gros tas de gravats ! Sans attendre un nouvel assaut, Landreck frappa encore et encore les jambes du monstre, le jetant à terre. Une dizaine de coups sur l'énorme tête de silice acheva la bête, qui disparut, comme toutes les invocations terrassées.
Derrière, l'Osamodas avait saisi son marteau à deux mains, et se tenait prêt au combat. Le grand type, lui, se laissait complaisamment picorer par une horde de tofus. A mesure qu'ils le blessaient, une aura de puissance de plus en plus grande se dégageait de lui, devenant si forte que les tofus furent pulvérisés sans qu'il ait à faire le moindre geste. Les deux hommes s'approchèrent...
Lys frappait encore et encore, mais cette damnée archère était rapide ! Malgré le désavantage que lui apportait son arme plus longue dans un endroit où elle ne pouvait faire le moindre geste large sans toucher un arbre, elle parvenait à parer ses coups, et à riposter, de plus en plus précisément...
Lys se fendit, portant un vif coup d'estoc, mais l'archère l'esquiva une fois de plus, et parvint cette fois à lui entailler le bras d'un revers de son glaive. Surprise, Lys lui offrit une opportunité de profiter de son avantage. Elaya ne se fit pas prier et porta un nouveau coup, blessant cette fois profondément le bras droit de la disciple de Sram. Lys cria de douleur, sentant le flot chaud de son sang coulant le long de son bras, qui pendait à présent, inerte, le long de son corps. Refusant de s'évanouir, elle s'élança, enragée par la douleur, sur son adversaire, frappant une nouvelle fois d'estoc. Elaya esquiva de nouveau, mais son sourire méprisant s'effaça lorsque la botte de Lys l'atteignit à la mâchoire. Concentrée sur la lame, elle n'avait rien vu venir. Lys frappa à nouveau, l'envoyant bouler contre un arbre mort. Celui-ci émit un craquement de mauvais augure, et Elaya eut à peine le temps de bouger pour éviter que l'énorme branche, détachée par le choc, ne lui tombe sur le crâne. Elle ne put cependant sauver son bras. Il y eut un craquement écoeurant, puis un long hurlement déchira le calme de la forêt. Se relevant péniblement, des larmes de douleur brouillant sa vue, des taches blanches dansant devant ses yeux, Elaya tourna soudain les talons et s'enfuit sans demander son reste. Lys arma son bras et lança sa dague, mais l'archère avait deviné ce geste et plongea derrière un arbre avant de reprendre sa course, la peur de la mort lui donnant des ailes. Lys tourna soudain le regard vers la clairière, et résolut d'y retourner : Landreck avait besoin d'aide.
Anyl hurla en frappant de son marteau, mais le Féca se déroba une fois de plus à sa frappe, et riposta. Zendar s'interposa, reçut le coup sans broncher et frappa à son tour. D'instinct, Landreck recula, mais l'énergie brute projetée par le disciple de Sacrieur l'envoya tout de même bouler quelques mètres plus loin. Landreck sentit le découragement le guetter. Comment lutter contre quelqu'un qui transforme sa douleur en arme ! L'Osamodas revint à la charge, envoyant des griffes enflammées dans sa direction. Landreck bondit une fois de plus, esquivant le sort, qui alla transformer l'herbe derrière lui en brasier. Il se retrouva acculé contre la maison.
Anyl jura et prépara un nouveau sort. Cette fois, il n'allait pas s'en tirer si facilement, ce maudit Féca ! Bondissant vers lui, il libéra enfin l'énergie accumulée, et un énorme poing de pierre enflammé vint s'abattre, tel un météore, juste devant lui, carbonisant tout autour de l'Osamodas. Landreck n'eut, une fois de plus, d'autre choix que de fuir, mais les flammes vinrent lécher sa cape et son bras. Détachant prestement l'étoffe enflammée, il jura, son bras endolori par la brûlure. La cabane n'était plus qu'un gigantesque bûcher, mais il n'avait le temps de se perdre dans la contemplation de ce spectacle. Zendar frappa à nouveau, et cette fois Landreck ne recula pas mais, comptant sur la propagation linéaire de l'énergie, bondit sur le côté, et frappa violemment le Sacrieur dans les côtes. Celui-ci grogna, puis frappa de sa dague, décrivant un large arc de cercle. Landreck se laissa tomber au sol, ce qui lui laissa le temps de voir les arbres derrière lui être tranchés net par l'arc d'énergie que ce damné guerrier avait projeté. Il fallait l'arrêter ! Et l'autre fou qui brûlait tout aussi ! Mais comment ? Récupérant une grosse pierre pendant qu'il était au sol, il l'envoya à l'Osamodas, qui la dévia de son marteau. Profitant de cette ouverture, Landreck chargea... pour être cueilli par un fantastique coup de poing de Zendar. Projeté, il resta quelques instants au sol, les côtes endolories. Il se releva, chancelant. Ce combat était perdu d'avance... Soudain, un éclat métallique traversa la clairière. La dague de Lys vint se planter dans le dos du Sacrieur fou, qui gémit sous la douleur. Lys courut aussi vite que le permettait son bras blessé pour aider son compagnon, n'ayant plus de dagues à lancer.
Zendar grogna, sentant une vive douleur irradier tout son corps. Maudite dague ! Il la retira de son dos et la jeta rageusement au sol. Un flot de sang s'écoulait le long de son échine, mais il s'en moquait. Il allait... Une vive douleur le mit à genoux au sol. Il comprit alors : du poison, bien sûr ! S'il restait là, il mourrait ! Elaya ! Elaya possédait des antidotes ! Il devait la retrouver ! Courant vers la forêt sans un regard en arrière, Zendar laissa son frère face au deux fugitifs.
Anyl n'eut le temps de réagir lorsque Landreck, profitant de sa surprise, lui asséna un magistral coup ascendant, le projetant... droit dans le brasier de la maison. L'Osamodas hurla, dévoré par ce feu qu'il affectionnait tant, cherchant à s'échapper, courant, roulant au sol... Un coup de Landreck mit fin à ses hurlements, et à ses souffrances.
Zendar courait encore et encore. Où était ce maudit point de rassemblement ? Cette forêt bougeait toute seule... Elle tournait... Ses jambes se dérobèrent sous lui, et il sentit toute sensibilité l'abandonner, tandis que ses yeux se fermaient, inexorablement... Il était déjà mort lorsque les araignées arrivèrent.
Elaya s'arrêta enfin, hors d'haleine, au pied d'un chêne particulièrement massif. Elle ignorait totalement où elle se trouvait. La douleur et la panique l'avaient fait fuir sans regarder où elle allait... Mais cette damnée catin finirait bien par mourir de son hémorragie. Il n'y avait plus qu'à espérer que les hommes aient pour une fois fait leur travail correctement et aient éliminé Landreck... Alors ils pourraient rentrer victorieux à Bonta, à la civilisation... Elle regarda, dépitée, son bras. Il pendait mollement ; le moindre mouvement était une torture. Elle ignorait ce qu'elle avait au juste, et préférait l'ignorer. Les guérisseurs s'occuperaient d'elle, si bien qu'elle n'en garderait même pas une cicatrice... Quelque chose agita les feuillages non loin d'elle. Alors ils revenaient... Ils avaient enfin gagné. Un petit rire secoua son corps blessé. Tout était enfin fini...
"Alors, vous avez réu..." Sa question mourut dans sa gorge lorsqu'elle aperçut un énorme abraknyde sombre à quelques pas d'elle, la fixant de ses yeux emplis de haine... Ce n'est qu'alors qu'elle se rendit compte que des racines avaient immobilisé ses membres. Horrifiée, elle vit une énorme araignée et un cortège d'autres, plus petites mais tout de même grosses comme le poing, se diriger vers elle. Ses hurlements déchirèrent longtemps la nuit, avant que le venin ne la paralyse... et que les insectes ne s'insinuent dans sa gorge...


La disciple de Iop détourna son regard de l'écoeurant spectacle des araknes dévorant l'archère. Ainsi périssaient ceux qui offensaient les esprits de la forêt. Mais Landreck ne serait pas plus en sécurité qu'eux, maintenant qu'il s'était battu au sein du bois sacré... Elle se remit rapidement en route. Elle devait les trouver avant ces choses.


Landreck avait mal partout, mais au moins, il était vivant. Il devrait soigner son bras brûlé, prendre du repos pour laisser à ses pauvres côtes le temps de se remettre. Il vint à la rencontre de Lys, la félicitant de son intervention des plus opportunes. Ce n'est qu'alors qu'il remarqua la pâleur anormale de la jeune femme, et le côté droit de sa tunique, imbibé de sang. Lys lui sourit, puis s'effondra dans l'herbe de la clairière. Landreck courut à ses côtés, paniqué. "Lys ! Lys !"

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